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Alterric, une porte pour les chauves-souris

Cavité de Machemont : la population de chauves-souris augmente à nouveau

C'est une journée d'hiver ensoleillée en février. Les trois éoliennes situées sur la commune de Lassigny tournent tranquillement et continuellement dans le vent. "Depuis 2020, le parc éolien des Hayettes est en service. Il produit chaque année l’équivalent d’environ 50% de la consommation (hors chauffage) d'électricité verte pour alimenter tous les foyers de la communauté de communes du pays des Sources", explique Théo, responsable de projets dans les Hauts-de France chez ALTERRIC. "Et cela sans émissions de CO2 et en respectant l'homme et la nature" ajoute-t-il fièrement. Lorsque ALTERRIC a planifié le parc éolien, des études approfondies ont été menées afin d'éviter tout impact négatif sur le milieu naturel.

En ce matin d'hiver, Théo a rendez-vous avec trois autres collègues d'ALTERRIC à l'entrée de la cavité de Machemont. Ils y rencontrent Albane et Damien du Conservatoire d'espaces naturels Hauts de France (CEN). Ils veulent en savoir plus sur les chauves-souris. Comment vivent ces animaux aux comportements très spécifiques ; comment distinguer les différentes espèces ; quelles sont les menaces qui pèsent sur leurs habitats… ?

Le site souterrain de Machemont se trouve à environ 10 km à vol de chauve-souris au sud-est du parc éolien des Hayettes. Il s'étend sur une surface limitée. La cavité héberge néanmoins plus d'une centaine d'individus de chauves-souris en période d'hibernation. Le Conservatoire d'espaces naturels Hauts de France est responsable de la protection de ces animaux protégés. Comme l'explique Damien, chargé de mission territoriale de l'Oise au Conservatoire, l'organisme effectue régulièrement des comptages de chauves-souris en hibernation. Ces animaux rares et fragiles observent une hibernation stricte et ne doivent pas être dérangés. Lorsque le temps se réchauffe, au début du printemps, elles quittent la cavité de Machemont pour rejoindre leurs quartiers d'été. "Malheureusement, des activités de loisirs non autorisées et l'accès de personnes à la cavité de Machemont ont perturbé l'espèce par le passé. Cela a eu un impact négatif sur le nombre de chauves-souris hivernantes. Un déclin a été constaté !" explique Damien. "Si les animaux sortent trop souvent de leur hibernation et ne trouvent pas de nourriture pendant la période hivernale pauvre en insectes, ils peuvent mourir de faim".

« Empêcher » cela est l'objectif d'une mesure qu'ALTERRIC avait déjà en tête lors de la demande d'autorisation de son parc éolien des Hayettes. "En phase de développement du parc, nous avions alors pris contact avec le CEN. Il a été convenu que la société financerait les travaux de construction pour fermer les accès de la cavité et empêcher tout dérangement pendant la période d’hibernation" explique Théo. Aujourd'hui, de lourdes portes en fer ferment l'accès et seuls les employés du Conservatoire ont la clé.

Munis de puissantes lampes de poche, les visiteurs d'aujourd'hui disparaissent dans l’ancienne carrière. Trois heures s'écoulent, au cours desquelles toutes les questions des collaborateurs d'ALTERRIC reçoivent des réponses détaillées. C'est surtout le petit rhinolophe qui est présent ici. Mais d'autres espèces comme , e Murin à Oreilles échancrées, le Grand Rhinolophe et le Murin de Natterer peuvent également être admirées de près. "C'est un sentiment formidable de contempler ces animaux rares et de savoir que l'on contribue à leur protection par son travail !" remarque Marie, chargée d'études chez ALTERRIC. Et tandis qu'ils sortent sous le chaud soleil à la fin de la visite, Damien additionne le résultat de l'inventaire du jour : 173 individus ! Presque le record depuis le début des inventaires réguliers. La mesure de protection porte ses fruits ! Satisfaits, les visiteurs regagnent leur point de sortie.